Victor Hugo, tout au long de sa vie, s’est aventuré dans les arcanes du théâtre avec une passion ardente et indomptable. Son œuvre dramatique, riche et foisonnante, porte les empreintes profondes du romantisme, ce mouvement qui cherchait à libérer les passions et à révéler les vérités cachées de l’âme humaine. Dans ses pièces, l’écrivain explore avec la même intensité l’amour ardent et la trahison perfide, la corruption des puissants et les mécanismes subtils du pouvoir. Il ambitionne de secouer les conventions, de faire du théâtre un miroir sans fard de la société, capable de dénoncer les injustices et les hypocrisies, quitte à provoquer la censure et le scandale.
Les manuscrits, enrichis de dessins à l’encre, de plans de scène et de modèles de décor placés en vis-à-vis, révèlent non seulement la maîtrise graphique grandissante de Hugo, mais surtout son désir de contrôler chaque étape de la création dramatique. De l’écriture à la mise en scène, de l’idée première à la dernière réplique, il cherche à imposer sa vision, à façonner un théâtre où l’écrivain est également architecte et metteur en scène.