Ce site est dédié à l'étude et à la mise en valeur de l'œuvre graphique de Victor Hugo.

Le bourg et le château de Vianden au Luxembourg

Entre 08–06–1871 et 22–8–1871

Matériaux et techniques: Plume (arts graphiques), Lavis, Crayon, Gratté, Pochoir, Encre, Papier vélin

Dimensions - Œuvre: Hauteur : 25.7 cm  Largeur : 35 cm

Description: 

Feuille de papier provenant sans doute de l'album aujourd'hui conservé à la Bibliothèque nationale de France (NAF 13349)

Marques, inscriptions, poinçons: 

Inscription manuscrite - Au recto, en bas, à droite, au crayon de graphite :"23"

Inscription manuscrite - Au verso, en haut : "45 - 54 - g. A. au modèle Hugo"

Le bourg et le château de Vianden au Luxembourg

Commentaire historique: 

Expulsé de Belgique pour sa prise de position en faveur des Communards victime de la répression, Victor Hugo s’installe au Luxembourg du 1er juin au 25 septembre 1871, séjournant pour l’essentiel à Vianden, du 8 juin au 22 août. Ce dessin n’est ni daté, ni mentionné dans l’agenda de Victor Hugo.

Maison de Victor Hugo - Hauteville House: Numéro d’inventaire: 5

Vianden à travers une toile d’araignée

 

 

Date : En 1871 (le 13/08)

Matériaux et techniques : Plume (technique), Lavis, Crayon, Aquarelle, Gratté, Papier vélin, dimensions : H. 25.5 x l. 30.3 cm.

Le jour où il fait ce dessin, il note dans son agenda : « 13 août 1871. J’ai dessiné sur mon livre de voyage la grande toile d’araignée à travers laquelle on aperçoit la ruine de Vianden comme un spectre. Vraie besogne d’un 13 », date qui résonnait douloureusement aux oreilles de Victor Hugo, lui rappelant la mort de son fils Charles le 13 mars précédant.

Numéro d’inventaire MVH : 83

L’engagement politique de Victor Hugo lui a valu les déboires que l’on sait. Sous le Second Empire, le grand homme a plusieurs fois séjourné au Grand-Duché de Luxembourg, ce que l’on sait moins. Durant ces années d’exil, à trois reprises - en 1862, 1863 et 1865 -, ce dernier s’est arrêté en touriste dans la magnifique ville de Vianden, sur les berges de l’Our. Il y reviendra de manière prolongée, du 8 juin au 22 août 1871. Mais cette fois, contraint et forcé… « Il était à Bruxelles, toléré par les autorités royales à condition de s’abstenir de toute activité politique. Mais c’était mal connaître Victor Hugo qui, le 30 mai 1871, publie une lettre ouverte dans un grand journal belge. Un texte dans lequel il lance un vibrant appel aux communards et leur propose asile… dans son appartement bruxellois ! », Ni une ni deux, voilà l’auteur des « Misérables » expulsé de Belgique.

Frank Wilhelm, professeur émérite à l’université du Luxembourg et spécialiste d’Hugo.

La toile d’araignée a souvent inspiré Victor Hugo dans l’œuvre graphique comme dans l’œuvre littéraire :

Voir ci-contre, ce magnifique poème :

Les Contemplations XXVII. V. daté de Juillet 1842.

 

Voici J’aime l’araignée et j’aime l’ortie,
Parce quon les hait ;
Et que rien n
exauce et que tout châtie
Leur morne souhait ;


Parce qu’elles sont maudites, chétives,

Noirs êtres rampants ;
Parce qu
elles sont les tristes captives
De leur guet-apens ;

Parce qu
elles sont prises dans leur œuvre ;
Ô sort ! fatals nœuds !
Parce que l
ortie est une couleuvre,
Laraignée un gueux ;

Parce qu
elles ont lombre des abîmes,
Parce quon les fuit,
Parce qu
elles sont toutes deux victimes
De la sombre nuit.

Passants, faites gr
âce à la plante obscure,
Au pauvre animal.
Plaignez la laideur, plaignez la piq
ûre,
Oh ! plaignez le mal !

Il n’est rien qui n’ait sa mélancolie ;

Tout veut un baiser.
Dans leur fauve horreur, pour peu qu
on oublie
De les écraser,


Pour peu qu’on leur jette un œil moins superbe,

Tout bas, loin du jour,
La vilaine b
ête et la mauvaise herbe
Murmurent : Amour !

Ruines de Vianden à travers toile araignée

Vianden La maison que j'habite au coin du pont

28–07–1871

Maison dans laquelle Victor Hugo s'est installé à son arrivée à Vianden, avec le pont médiéval (alors reconstruit), à gauche.

Plume (arts graphiques), Lavis, Encre, Gratté, Papier vélin

Hauteur : 25.5 cm  Largeur : 34.8 cm

Dessin sur feuille de papier vélin provenant de l'album NAF 13349 de la Bibliothèque nationale de France.

Inscription manuscrite - En bas, à gauche, à l'encre brune : " Vianden. La maison que j'habite au coin du pont. 28 juillet"

 

C'est à Vianden, qu'il a déjà visité plusieurs fois, que l'auteur des Misérables vient chercher asile après avoir été expulsé de Belgique le 30 mai 1871. À son arrivée à Vianden, Victor Hugo installe les siens (Juliette Drouet, François-Victor, Alice avec Georges et Jeanne) à l’hôtel Koch. Ce dernier étant ainsi complet, il va loger lui-même dans une petite maison située en face, de l’autre côté du pont. Il demeure dans une chambre au premier étage de cette maison « au coin du pont » du 8 juin au 22 août 1871.

Le 28 juillet, il note dans son agenda : « - Aujourd’hui, j’ai dessiné la maison que j’habite. » Pourtant ce dessin n’est pas tout à fait un dessin d’observation, il y mêle le souvenir ou la paraphrase d’un document. En effet, le pont tel qu’il le représente n’est pas celui qu’il a sous les yeux, mais le pont médiéval qui a été détruit en 1865.

Cette maison fut détruite en partie, lors de l'offensive du désespoir, celle de Von Runstedt (1), en 1944 ; mais elle fut reconstruite, et à peu près telle qu'elle était.

La preuve en vint du dessin de Victor Hugo, reproduit noir sur blanc, en traits fidèles, en ombres habiles. Et c'est ainsi que nous saurons que la maison neuve d'aujourd'hui ne diffère guère, sur le même emplacement, de la vieille bicoque d'il y a cent ans. Sur la façade, on apposa une plaque, où se lit : « C'est dans cette maison que, du 8 juin au 23 août 1871, Victor Hugo fit le dernier de ses séjours à Vianden ». Aujourd’hui transformée en Musée littéraire Victor-Hugo, où il est proposé un survol de sa biographie et un aperçu sur ses relations avec le Grand- Duché.

 (1) Il a été l’un des principaux chefs de l'armée allemande au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Viandem maison

Souvenir de Burscheid, 17 juillet 1871

Plume, encre violette et brune et lavis, sur un feuillet d'album

BnF, département des Manuscrits, NAF 13349, fol. 1

Excursion à Burscheid. Nous sommes partis à midi et demi dans le char à bancs d'hier. Nous sommes allés, non par Brandebourg comme en 1865, mais par Diekirsch et la route haute. Vue admirable de la ruine du haut de la montagne environnante. Arrivés au village d'en haut, à 4 h.1/2, nous avons bu de la bière et du lait, puis nous sommes allés à pied à la ruine. Vieille forteresse féroce. Un burg. Tout le onzième siècle avec ses spectres qui sont maintenant des tours. J'ai dessiné la tour d'entrée où il y avait en 1865 deux femmes, la mère et la fille, réfugiées là comme deux orfraies. Le nid est resté terrible. Les femmes n'y sont plus. Un portier m'a présenté un livre où j'ai écrit mon nom à côté de Paul Meurice et de Victor. Nous étions de retour à 9 h. I/2 du soir.

Victor Hugo, Voyages, carnets 1870-1871, édition Robert Laffont, février 2002 p. 1162-

Burscheid

Thionville, 30 août 1871

Plume (arts graphiques)LavisEncreAquarelleGrattéPapier vélin. Hauteur : 25.6 cm, largeur : 35.2 cm

Expulsé de Belgique pour sa prise de position en faveur des Communards victime de la répression, Victor Hugo s’installe au Luxembourg du 1er juin au 25 septembre 1871, séjournant pour l’essentiel à Vianden, du 8 juin au 22 août. Il se rend ensuite à Altwies pour prendre les eaux à Mondorff. C’est de là qu’il se rend à Thionville que son père avait défendue avec succès en 1814 et en 1815. Dans le long récit de cette visite, tout empreinte d’émotion, qu’il consigne dans son agenda, à la date du 30 août 1871, Victor Hugo rapporte : J’ai vu cette ville que mon père a défendue en 1814 et 1815, et qu'on n'a pas prise. L'Allemagne la tient. Il y a une sentinelle prussienne aux portes. Nous sommes allés à la mairie ; la maison de ville étant brûlée, la mairie se tient dans un logis quelconque sur lequel on lit ce mot écrit à la main au-dessus de la porte : Mairie.

Thionville 30 août 1871

Nous sommes entrés dans une salle basse où des hommes étaient assemblés. J'ai demandé : « — Quelqu’un pourrait-il m'indiquer la maison où a logé en 1814 et 1815 le général qui a défendu Thionville ? » Un vieillard, le maire, m'a dit : — Le général Hugo ? » J’ai répondu : « — Oui. » Alors un d'eux, m'ayant reconnu, a dit à demi voix aux autres : « — C'est son fils, Victor Hugo. » Tous se sont levés.  Un d'eux, un nommé M. François, s'est offert pour me conduire à la maison que mon père avait habitée. J'ai demandé au maire, M. Arnould : « Où sont vos archives ? Je voudrais voir les dossiers relatifs au siège de 1814 où mon père commandait. » Il m'a répondu : « — Nous n'avons plus d'archives. Tout est brûlé. Nous avions, dans la grande salle de la mairie où se tenait le conseil municipal, le portrait de votre père. La salle a été brûlée, le portrait aussi. » J'ai répondu : « Tant mieux. Du moins mon père n'est pas prisonnier de la Prusse. Il méritait d'être tué ici en effigie avec votre liberté. »

 Nous sommes allés rue des Vieilles-Portes, n" 326. C'est là qu'était, et n'est plus la maison habitée par mon père en 1814 et 1815. Elle a été brûlée.

 J'ai dessiné une des masures du bombardement. M. François nous a menés à ce qui a été la maison de ville. Ruine. J'ai dessiné les quatre murs qui restent de la salle où était le portrait de mon père. Il y a, à côté un jardin, le jardin public. Pendant que je dessinais, j’entendais des enfants dans le jardin chanter la Marseillaise. J’ai dit à M. François : ’’Cela fera de mauvais prussiens’’. »

Numéro d’inventaire MVH : 11

Feuille provenant de l'album utilisé par Victor Hugo lors de son séjour, aujourd'hui conservé à la Bibliothèque nationale de France (NAF 13349), accompagné d'un manuscrit autographe.

Inscription manuscrite - En bas, à droite à l'encre brune :"Thionville / 30 août / 1871"

Inscription manuscrite - En haut, à droite au crayon de graphite : "2"

Date de dernière mise à jour : 28/04/2026