Ce site est dédié à l'étude et à la mise en valeur de l'œuvre graphique de Victor Hugo.

Regards posés sur Victor Hugo dessinateur.

La richesse et l'originalité de la production graphique « dessins, croquis, caricatures, esquisse, de Victor Hugo, qui couvre une période de plus de 40 ans, démontrent clairement qu'il s'agit d'un cas extraordinaire d'écrivain qui ne fait pas que gribouiller. Il écrit à Baudelaire « « Je suis tout heureux et très fier de ce que vous voulez bien penser des choses que j'appelle mes dessins à la plume. J'ai fini par y mêler, du crayon, du fusain, de la sépia, du charbon, de la suie et toutes sortes de mixtures bizarres qui arrivent à rendre à peu près ce que j'ai dans l'œil et surtout dans l'esprit » « Cela m'amuse entre deux strophes ».

 

Théophile Gautier écrit : « S’il n’était pas poète, Victor Hugo serait un peintre de premier ordre, il excelle à mêler dans ces fantaisies sombres et farouches, les effets du clair-obscur de Gaya à la teneur architectonique de Piranèse ».

Gustave Geffroy, né le 1ᵉʳ juin 1855 à Paris et mort le 4 avril 1926 dans la même ville, est un journaliste, critique d'art, historien de l'art et romancier français. Il est l'un des dix membres fondateurs de l'académie Goncourt. Il écrit en 1925, dans la préface de Douze dessins de Victor Hugo gravés sur bois par Georges Aubert, in-fol., 4 p., 12 pl. : " A travers la sauvagerie des noires couleurs et la solidité du trait sommaire, il semble qu'on entende au loin l'orchestration tumultueuse et harmonieuse des vers et de la prose de l'exil... »

Sources : Jean Delalande, Victor Hugo Dessinateur génial et halluciné, Nouvelles éditions latines.

La Tourgue

 

Victor Hugo aura répété à plusieurs reprises qu'il a combattu toute sa vie pour que ses dessins soient perçus comme des produits sans avoir été le fruit d'une aventure personnelle. À plusieurs reprises, Pierre Georgel a démontré que le poète ne supportait pas qu'on accorde une trop grande importance à « ces choses qui l'amusent entre deux strophes ». Peu à peu, il s'est tout de même laissé convaincre par ses amis de révéler cette partie de son activité créatrice, réservée au cercle restreint de ses proches.
Charles, son fils aîné, raconte que « sans esquisse préalable il dessine avec une sûreté de main extraordinaire, non pas l'ensemble, mais un détail quelconque de son paysage ; et commencera sa forêt par une branche d'arbres, sa ville par un pignon, son pignon par une girouette, et, peu à peu, la composition entière jaillira de la blancheur du papier avec la précision et la netteté d'un négatif photographique qu'on soumet à la préparation chimique. " Sources : Jean Delalande, Victor Hugo Dessinateur génial et halluciné, Nouvelles éditions latines. p 25

La tourgue

Georges Hugo, son petit-fils : "Je le vis [...] dessiner quelquefois : ce n’étaient que de petits croquis rapides, paysages, caricatures, profils d'un seul trait, qu'il faisait sur un bout de papier quelconque. Il jetait l'encre au hasard en écrasant la plume d'oie qui grinçait et crachait en fusées. Puis il pétrissait pour ainsi dire, la tache noire qui devenait Burg, forêt, lac profond ou ciel d’orage ; il mouillait délicatement de ses lèvres la barbe de la plume et en crevait un nuage d'où tombait la pluie sur le papier humide ; ou bien, il en indiquait précisément les brumes qui estompées l’horizon. Il finissait alors avec une allumette de bois et dessinait de délicats détails d'architecture, fleurissant des ogives, donnant une grimace à une gargouille, mettant la ruine sur une tour et l'allumette entre ses doigts devenait burin."

Georges Hugo, Mon grand-père, Paris, Calmann-Levy,1902

 

A présent, l'œuvre graphique de Victor Hugo est de plus en plus connue et divulguée. Depuis 1971 d'importantes expositions ont eu lieu aussi bien en France qu'à l'étranger.

 

A travers ce site, nous évoluerons sur différentes périodes de cette créativité graphique :

Date de dernière mise à jour : 28/04/2026