Publié en 1842, est une œuvre à la fois littéraire, historique et politique, qui s’inscrit dans la tradition romantique du récit de voyage. À travers une série de lettres, Hugo raconte son parcours le long du fleuve Rhin, transformant ce voyage en une réflexion profonde sur l’histoire, la culture et les tensions entre les peuples européens.
L’écriture se distingue par sa grande liberté : Hugo mêle descriptions pittoresques des paysages, évocations historiques et méditations philosophiques. Le fleuve devient un symbole puissant, à la fois frontière naturelle et lien entre la France et l’Allemagne. Ce mélange des genres donne à l’œuvre une richesse singulière, où le lecteur passe du récit concret à une véritable quête intérieure sur le sens de la civilisation et de la paix.
À sa parution, Le Rhin suscite des réactions contrastées. Le 31 mars 1842, le journal Les Débats publie de violentes attaques contre l’ouvrage, reprochant notamment son caractère politique et ses prises de position audacieuses. Pourtant, certains contemporains saluent la portée de l’œuvre : Alphonse de Lamartine écrit à Hugo que ce livre pourrait le conduire à une carrière politique, preuve de l’impact de ses idées.
Par ailleurs, la préface est bien accueillie par la duchesse d’Orléans, sensible à cette déclaration d’amitié franco-allemande, tandis que le tsar Nicolas Ier est mentionné avec respect dans l’ouvrage. Ces réactions montrent que Le Rhin dépasse le cadre littéraire pour s’inscrire dans un contexte diplomatique et idéologique.
En somme, cette œuvre apparaît comme un texte charnière dans la carrière de Hugo : elle annonce son évolution vers une littérature engagée, où la beauté de l’écriture sert une vision politique humaniste et européenne.