Ce site est dédié à l'étude et à la mise en valeur de l'œuvre graphique de Victor Hugo.

Les Cahiers de Collège de Victor Hugo : Un Laboratoire de l’Esprit

Derrière la rigueur des bancs de la pension Cordier, le jeune Victor Hugo ne se contente pas d'apprendre : il s’approprie le monde. Si l’enseignement classique du début du XIXe siècle impose le latin et la rhétorique comme des disciplines de fer, l'écolier transforme ses marges en un espace de liberté absolue. Ce ne sont plus de simples cahiers de cours, mais le théâtre d’une expérimentation graphique où le savoir se mue en vision.

Au lycée Louis-le-Grand, cette pratique de la plume gagne en maturité. On y découvre un Hugo curieux de la science de son temps, capable de dessiner avec une précision technique un « comparateur » pour mesurer la dilatation des métaux. C'est la preuve d'un esprit qui cherche à saisir les lois physiques de la matière avant de s'attaquer aux passions humaines.

On trouve aussi des dessins à portée morale ou satirique, comme l’illustration de la fable de « la besace », accompagnée de la réflexion : « Le plus sot animal, à mon avis, c’est l’homme ». Ici apparaît une autre facette du jeune Hugo : une capacité à associer image et pensée, à faire du dessin un prolongement de la réflexion philosophique.

Certaines inscriptions latines, telles que « Parcere subjectis et debellare superbos » (« Pardonner aux vaincus et vaincre les rebelles »), sont également mises en image. Elles témoignent de l’imprégnation des textes antiques dans son esprit, mais aussi de sa volonté de leur donner une traduction visuelle. Le dessin devient alors un moyen de s’approprier le savoir.

L’esquisse plus simple, comme une petite tête de profil, montre un exercice du regard et de la main. Cette étude, presque un essai, révèle un jeune artiste en formation, attentif aux formes humaines et aux expressions.

Ces archives, aujourd'hui conservées dans le Fonds Victor Hugo et éditées par Jean Massin, révèlent que l'œuvre graphique monumentale de l'écrivain (ses futurs lavis à l'encre et au café) n'est pas née par hasard. Tout était déjà là, dans ces cahiers de collège : cette manière unique de penser en images et de transformer la contrainte scolaire en un terrain de jeu pour l'imaginaire.

♦ Accès au manuscrit, Accéder au site BnF Gallica : Fonds Victor Hugo. II -- ŒUVRES. Cahier de collège de Victor Hugo | Gallica

p. 103, ‘’comparateur’ ’pour mesurer la dilatation des métaux. p. 103 ; et p. 143 : petite tête de profil. P.143.

Comparateur pour mesurer la dilatation des métaux p.103

Petite tête de profil p. 143

B.N. Ms. Les Orientales. n.a.f. 13.359, folt. 40 V

Plume. 1828.
En marge d'une lettre datée du 《5 mai 1828 》 et adressée à 《 Monsieur le Baron V.H.》. Au verso de cette lettre, le manuscrit  de La Bataille Perdue, daté du 《 7-8 mai 1828 》,
Aucun rapport entre le dessin et l'inspiration des Orientales. Réminiscence de Cromwell ? ou préparation à Marion de Lorme?
Ni l'une ni l'autre, peut-être...
note :6 Massin, t.XVII

Les Orientales. n.a.f. 13.359, folt. 40 V

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Date de dernière mise à jour : 28/04/2026