Vue de Luz
Plume (arts graphiques), Lavis, Encre brune, Crayon, Papier vélin
Numéro d’inventaire : MVH : 1392
- Hauteur : 20.7 cm
- Largeur : 13.5 cm
De Luz, le 25 août 1843, il lui adresse une lettre, joliment agrémentée d’un de ces croquis dont il a le secret
Il s'agit de la dernière lettre écrite par Victor Hugo à sa fille Léopoldine qui mourra le 4 septembre.
À Léopoldine.
Luz, 25 août [1843].
J’écris à ta mère, ma fille chérie, la tournée que je fais dans ces montagnes. Je t’envoie au dos de cette lettre un petit gribouillis qui te donnera quelque idée des choses que je vois tous les jours, qui me paraissent bien belles, et qui me sembleraient bien plus belles encore, chère enfant, si je les voyais avec toi. Ce qui te surprendra, c’est que l’espèce de ruine qui est au bas de la montagne n’est point une ruine : c’est un rocher. Les Pyrénées sont pleines de ces blocs étranges qui imitent des édifices écroulés. Les Pyrénées elles-mêmes, au reste, ne sont qu’un grand édifice écroulé.
Les deux triangles blancs que tu vois dans les entre-deux des montagnes sont de la/
Au verso/ neige. Dans certaines Pyrénées, et particulièrement sur le Vignemale, la neige prend son niveau comme l’océan.
Je prends les eaux, mais j’ai toujours les yeux malades. Il est vrai que je travaille beaucoup. Je pourrais dire sans cesse. Mais c’est ma vie. Travailler, c’est m’occuper de vous tous.
Tu as maintenant deux Charles pour te rendre heureuse. Avant peu tu auras aussi ton père. Donc, continue d’engraisser, de rire et de te bien porter. Rayonne, mon enfant. Tu es dans l’âge.