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Les Misérables

Roman de Victor Hugo, publié pour la première fois en 1862, après un long processus d’écriture entamé dès 1845. Interrompu à plusieurs reprises, notamment en raison des événements politiques et de l’exil de l’auteur sous le Second Empire, le manuscrit est finalement achevé à Guernesey en 1861. L’œuvre paraît ensuite simultanément dans plusieurs pays européens en avril 1862, rencontrant immédiatement un immense succès.

Le roman dépeint la vie des classes populaires à Paris et en province au début du XIXe siècle, en se concentrant sur le destin du bagnard Jean Valjean, devenu une figure emblématique. À la fois historique, social et philosophique, il reflète les idéaux du romantisme et les convictions de Victor Hugo sur la misère, l’injustice et la condition humaine, tout en ayant inspiré de nombreuses adaptations artistiques.

Thénardier

Thénardier [Les Misérables, cinquième partie : Jean Valjean] 1862-1862, Plume, encre. N° Inventaire MVH 103 Dimensions 11.6 x11.7 cm

« Ces êtres appartenaient à cette classe bâtarde composée de gens grossiers parvenus et de gens intelligents déchus, qui est entre la classe dite moyenne et la classe dite inférieure, et qui combine quelques-uns des défauts de la seconde avec presque tous les vices de la première, sans avoir le généreux élan de l'ouvrier ni l'ordre honnête du bourgeois. C'étaient de ces natures naines qui, si quelque feu sombre les chauffe par hasard, deviennent facilement monstrueuses. Il y avait dans la femme le fond d'une brute et dans l'homme l'étoffe d'un gueux. Tous deux étaient au plus haut degré susceptibles de l'espèce de hideux progrès qui se fait dans le sens du mal. Il existe des âmes écrevisses reculant continuellement vers les ténèbres, rétrogradant dans la vie plutôt qu'elles n'y avancent, employant l'expérience à augmenter leur difformité, empirant sans cesse, et s'empreignant de plus en plus d'une noirceur croissante. Cet homme et cette femme étaient de ces âmes-là. »

Thénardier [Les Misérables, cinquième partie : Jean Valjean] 1861-1862, Plume, encre. N° Inventaire MVH 103 Dimensions 11.6 x11.7 cm

Thénardier des Misérables -

Cosette

Daté de 1864, au moment de la publication des Misérables en feuilleton, ce dessin représente vraisemblablement Cosette. Le trait de Hugo est ici influencé par la technique de la gravure. Fille naturelle de Fantine qui n’a pas le sou, Cosette est confiée à un couple d’aubergistes, les Thénardier. Ils en font, malgré son très jeune âge, une servante et même une souillon. Elle sera sauvée par Jean Valjean, qui en avait fait la promesse à Fantine mourante.

Description technique : Plume, encre brune et lavis, 260 X195

BnF, département des Manuscrits, NAF 13345, fol. 50.

« Cosette était laide. Heureuse, elle eût peut-être été jolie. Nous avons déjà esquissé cette petite figure sombre. Cosette était maigre et blême ; elle avait près de huit ans, on lui en eût donné à peine six. Ses grands yeux enfoncés dans une sorte d’ombre étaient presque éteints à force d’avoir pleuré. Les coins de sa bouche avaient cette courbe de l’angoisse habituelle, qu’on observe chez les condamnés et chez les malades désespérés. Ses mains étaient, comme sa mère l’avait deviné, "perdues d’engelures". Le feu qui l’éclairait en ce moment faisait saillir les angles de ses os et rendait sa maigreur affreusement visible. Comme elle grelottait toujours, elle avait pris l’habitude de serrer ses deux genoux l’un contre l’autre. Tout son vêtement n’était qu’un haillon qui eût fait pitié l’été et qui faisait horreur l’hiver. Elle n’avait sur elle que de la toile trouée ; pas un chiffon de laine. On voyait sa peau çà et là, et l’on y distinguait partout des taches bleues ou noires qui indiquaient les endroits où la Thénardier l’avait touchée. Ses jambes nues étaient rouges et grêles. Le creux de ses clavicules était à faire pleurer. Toute la personne de cette enfant, son allure, son attitude, le son de sa voix, ses intervalles entre un mot et l’autre, son regard, son silence, son moindre geste, exprimaient et traduisaient une seule idée : la crainte. »

Victor Hugo, Les Misérables, II, III, 8.

Cosette les Misérables

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Date de dernière mise à jour : 23/04/2026